Fixe ou variable ? En octobre 2026, l'écart entre les deux parle de lui-même : environ 2 792 $ par mois en fixe contre 2 473 $ en variable pour une hypothèque de 500 000 $. Mais le moins cher aujourd'hui n'est pas forcément le gagnant dans 5 ans — surtout avec la Banque du Canada qui tranche le 28 octobre. Voici la décision, chiffrée.
L'état des lieux en octobre 2026
D'abord, les faits, tels qu'affichés début octobre 2026 :
- Taux directeur de la Banque du Canada : 2,25 %, inchangé. Prochaine décision : le 28 octobre 2026, accompagnée du Rapport sur la politique monétaire.
- Taux préférentiel des prêteurs : 4,45 %. C'est de lui que découlent les taux variables (taux préférentiel moins votre escompte négocié).
- Meilleurs taux affichés (assurés) : 4,59 % en fixe 5 ans, 3,41 % en variable 5 ans. Les taux moyens conventionnels (mise de fonds de 20 % et plus) tournent plutôt autour de 5,17 % en fixe et 4,27 % en variable.
- Les taux fixes montent. Le rendement de l'obligation du gouvernement du Canada à 5 ans — la référence des taux fixes — a touché un sommet de 52 semaines près de 3,73 % fin septembre, et les six grandes banques ont relevé certains taux fixes.
Côté variable, le scénario de base : la Banque devrait maintenir son taux à 2,25 % le 28 octobre (les marchés accordent environ une chance sur trois à une hausse d'un quart de point). Mais les mêmes marchés anticipent environ 100 points de base de hausses au cours des 12 prochains mois, et la plupart des économistes des banques s'attendent à une première hausse en 2027. Le rapport sur l'inflation du 19 octobre sera le prochain catalyseur.
Traduction : le variable part avec une longueur d'avance, mais le risque de hausse est réel et déjà intégré dans les prix.
Fixe vs variable : le match en chiffres
Prenons un cas concret : hypothèque de 500 000 $, amortissement de 25 ans, avec les meilleurs taux affichés début octobre 2026.
| Fixe 5 ans à 4,59 % | Variable 5 ans à 3,41 % | |
|---|---|---|
| Paiement mensuel | 2 792,44 $ | 2 472,66 $ |
| Écart mensuel | — | 319,78 $ de moins |
| Intérêts payés sur 5 ans | 107 179,68 $ | 79 046,18 $ |
| Solde restant après 5 ans | 439 633,49 $ | 430 686,66 $ |
Le variable fait économiser 3 837 $ par année en paiements — et comme une plus grande part de chaque versement va au capital quand le taux est bas, le solde après 5 ans est inférieur de près de 9 000 $.
Mais attention à ce que ce tableau ne montre pas : il suppose que le variable ne bouge pas pendant 5 ans. C'est le scénario optimiste, pas le scénario garanti.
Et si les taux montent ? Le scénario qui fait mal
C'est la question à 100 points de base : que se passe-t-il si la Banque du Canada relève son taux comme les marchés l'anticipent ?
Reprenons notre variable à 3,41 %. Supposons qu'après 12 mois, le taux grimpe d'un point complet, à 4,41 % (le paiement s'ajuste, comme c'est le cas pour la plupart des variables au Canada). Sur le solde restant d'environ 487 059 $ :
- Nouveau paiement mensuel : 2 733,10 $, soit 260,44 $ de plus par mois qu'au départ.
- L'avantage mensuel sur le fixe fond comme neige au soleil : il ne reste qu'une soixantaine de dollars d'écart avec le fixe à 4,59 %.
Et si les hausses totalisent les 100 points de base que les marchés anticipent sur 12 mois, le variable grimpe vers 4,41 % — à 18 points de base du fixe. Chaque hausse supplémentaire l'envoie au-delà.
La leçon n'est pas « le variable est un piège ». C'est : le variable est un pari sur la trajectoire des taux. En octobre 2026, ce pari part gagnant (1,18 point d'écart avec le fixe), mais il a besoin que les hausses restent limitées pour le rester.
Le test de résistance : la règle qui change tout
Petit rappel qui pèse lourd dans la décision : au Canada, vous devez vous qualifier à un taux plus élevé que votre taux réel. En 2026, la règle est inchangée : le taux d'admissibilité est le plus élevé entre votre taux + 2 % et 5,25 %.
Pour notre exemple à 4,59 % en fixe, vous devez prouver que vous pouvez payer à 6,59 % — soit 3 376,44 $ par mois. Pour le variable à 3,41 %, le test se fait à 5,41 %.
Deux nuances utiles :
- Si vous renouvelez chez le même prêteur, pas de nouveau test de résistance.
- Si vous transférez votre hypothèque non assurée à un nouveau prêteur sans changer le montant ni l'amortissement (transfert ordinaire), vous êtes aussi dispensé du test depuis septembre 2024.
Concrètement : le test de résistance ne change pas votre paiement, mais il détermine combien vous pouvez emprunter. Avec des taux réels plus bas, le variable peut vous qualifier pour un montant un peu plus élevé — à condition de passer le test à 5,41 %.
Comment choisir : la grille de décision
Oubliez les prédictions. Voici les vraies questions :
1. Dormez-vous bien avec de l'incertitude ?
Si l'idée que votre paiement augmente de 260 $ par mois vous donne des sueurs froides, le fixe vaut chaque dollar de son « assurance ». Le meilleur taux est celui qui ne vous empêche pas de dormir.
2. Quel est votre horizon ?
Vous pensez vendre ou refinancer dans 2-3 ans ? Le variable (ou un fixe court de 2-3 ans) limite la casse : la pénalité de rupture d'un fixe 5 ans peut être salée, alors que le variable se brise généralement pour 3 mois d'intérêts.
3. Avez-vous un coussin ?
Le variable exige une marge de manœuvre budgétaire. Si votre budget est déjà serré au taux actuel, vous n'avez pas la marge pour absorber une hausse — le fixe s'impose.
4. Que dit la courbe ?
En octobre 2026 : fixe en hausse (obligations à 3,73 %), variable stable mais avec des hausses anticipées d'environ 100 points de base sur 12 mois. Le variable gagne si les hausses restent sous ~1,2 point sur votre terme. Au-delà, le fixe l'emporte.
La règle du pouce : prenez le variable seulement si vous pouvez absorber confortablement une hausse de 2 points sans changer votre train de vie. Sinon, le fixe — et négociez-le : l'écart entre le taux affiché et le taux obtenu se négocie, surtout en renouvellement.
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Foire aux questions
Quand la Banque du Canada annonce-t-elle sa prochaine décision ?
Le mercredi 28 octobre 2026, avec la publication du Rapport sur la politique monétaire. C'est l'une des quatre décisions annuelles accompagnées du rapport — son ton influence les marchés autant que le taux lui-même. La suivante suivra le 9 décembre.
Le taux variable peut-il dépasser mon taux fixe ?
Oui, et c'est déjà arrivé. Le variable suit le taux préférentiel de votre prêteur, qui suit le taux directeur. Si la Banque relève son taux d'un point cumulatif, un variable parti à 3,41 % se retrouve à 4,41 % — tout près du fixe à 4,59 %. Chaque hausse supplémentaire l'envoie au-delà.
C'est quoi, le test de résistance en 2026 ?
Vous devez vous qualifier au plus élevé entre votre taux contractuel + 2 % et 5,25 %. La règle est inchangée en 2026. Elle ne modifie pas votre paiement réel, mais elle détermine le montant maximal que vous pouvez emprunter — et elle ne s'applique pas si vous renouvelez chez le même prêteur.
Puis-je passer d'un variable à un fixe en cours de terme ?
La plupart des prêteurs permettent de convertir un variable en fixe en cours de terme, au taux fixe affiché du moment. C'est une porte de sortie utile : vous profitez du variable bas au départ et vous verrouillez si les hausses s'accélèrent. Vérifiez que votre contrat l'inclut avant de signer.
Historiquement, lequel coûte le moins cher ?
Sur de longues périodes, le variable a souvent coûté moins cher que le fixe — mais 2022-2023 a rappelé que « souvent » n'est pas « toujours » : les variables ont alors grimpé plus vite que bien des fixes. Le passé éclaire, il ne garantit rien.
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